La cuisine de l'écrivain

June 2, 2018

Après une grande phase inspiratoire (cf les séances 1, 2 et 3), il est temps désormais pour les dix classes du projet d’entrer dans l’écriture des histoires.

Au menu de cette 4e séance, mélanger les ingrédients pour cuisiner un bon récit !

Premier ingrédient : le quartier en 2048

Par une projection futuriste, les enfants ont rebaptisé leur quartier avec leur enseignant à l'aide d'un atelier "constellation" proposé par les intervenantes : à partir du champ lexical ou sémantique de leur quartier actuel, imaginer un nouveau nom.

Ainsi, les 10 quartiers des classes ont été rebaptisés pour 2048 :

La Rouvière => La Fuvière (la Rouvière du futur)

Pierre Gilles de Gennes => Durananas (quartier d'Aix la Duranne)

Edouard Vaillant => Saint Vaillant (mélange de l'école Saint Vaillant et du quartier Saint Mauront)

Lucie Aubrac => Fontana (méalnge du quartier Fontvenelle et de Gardana, ancien nom de Gardanne)

Roucas Blanc => Rascaras (jeu de mots avec Roucas et la rascasse de mer)

Les Vignettes => Vignittle ("Les Vignettes" signifie petites vignes, mélange de "Vignes" et "Little")

Le Rouet => Rouet Méga City

Parc Kalliste 2 => Parc Saint Martin

Plan de La Cour => La Cour Futuro

Saint Just Corot => Just Gitswa ("Gitswa" signifie grosse tête en comorien)

 

Second ingrédient : les personnages

À l’issue de la 2e séance, les enfants avaient eu pour mission de créer chacun un personnage et d’en envoyer trois aux intervenantes. A partir d'une fiche personnage détaillée, celles-ci ont alors déterminé un principal et deux secondaires en fonction de ceux des autres classes.

Chaque classe a donc pu prendre connaissance du personnage principal retenu ainsi que ceux des quatre autres quartiers pour se lancer dans l'écriture.

Introduire un personnage dans un roman est tout un art : pour éviter la description plate, mieux vaut le mettre en situation, en action, comme le jeune et intrépide goéland Jonathan Livingston, découvert en séance 2. Guidés par des pistes d’écriture, les enfants voient ainsi, phrase par phrase, leur histoire naître sur la feuille. Là aussi, la collaboration est à l’œuvre puisque les enfants travaillent par binômes ou trinômes, et s’appuient sur les écrits précédents de leurs camarades, dans le but de les prolonger, de les approfondir ou de les améliorer.

Le bon dosage en cuisine

5 classes = 5 chapitres = 5 quartiers = 1 livre numérique = 1 territoire
Réparties en deux groupes de cinq, les classes écrivent chacune un chapitre se déroulant dans leur quartier transposé en 2048. Ces cinq chapitres réunis constitueront un livre, un territoire unifié. Les deux livres porteront sur une thématique distincte, proposée par les intervenantes après discussion avec les enseignants. Pour planter le décor autour de ces thématiques au sein de chaque livre, Delphine Bole, intervenante en écriture, a proposé un prologue commun aux cinq classes, pour chaque territoire.

Prologues

Premier livre : Ecoles La Rouvière (Marseille), Lucie Aubrac (Gardanne), Les Vignettes (Vitrolles), Edouard Vaillant (Marseille) et Parc Kalliste 2 (Marseille)

 

Territoire, 2048

Depuis le début des années 2030, la multiplication des machines, des moyens de transport, des robots, des téléphones portables, des écrans publicitaires et des centres commerciaux inflige à l’Homme un niveau sonore très élevé.

Ronflements de moteurs, bruits mécaniques, voix artificielles, musiques de supermarché... s’amplifient chaque jour, au point de rendre certaines zones du monde désagréables à vivre. Le territoire subit lui aussi cette pollution sonore, sauf l’un de ses quartiers, Fontana, îlot de verdure et de développement durable, épargné de ces nuisances grâce à un secret.
Mais rien ni personne n’est jamais à l’abri d’un bouleversement...

 

Second livre : Ecoles Saint Just Corot (Marseille), Pierre Gilles de Gennes (Aix-en-Provence), Plan de la Cour (Vitrolles), Le Rouet (Marseille) et Roucas Blanc (Marseille)

 

Territoire, 2048

Les inventions technologiques des trois dernières décennies sont allées très loin, trop loin, entraînant la déshumanisation d’une bonne partie de la vie sur Terre.
Dans les magasins : disparition des caissiers ;
dans les écoles : suppression de la plupart des enseignants ;

au volant des véhicules : de moins en moins de chauffeurs ; sur les chantiers : plus un seul manœuvre...

Seul un petit territoire, convaincu de l’importance des relations humaines, s’est battu pour maintenir ou garantir un usage raisonné de la technologie. Les robots nouvelle génération y travaillent intelligemment main dans la main avec l’homme et non pas à sa place. Les machines robolutionnaires sont amenées à compléter, assister, aider voire aimer l’être humain.

Le gouvernement a pour l'instant toujours soutenu la création et l'entretien des robots dans cette optique humaniste. Mais il faut rester vigilant...

Bâtir l’intrigue en lasagnes

Dans les deux livres numériques, l’intrigue se déroulera en 2048, un 2048 tel que l’imaginent des CM1 ou des CM2 de 2018.
Une grande nappe Vichy déployée au sol, un plat à lasagnes au milieu, des lasagnes de carton, voilà le décor planté pour la cuisine de l’écrivain. Comme ingrédients : le prologue, les trois personnages, la pépite inspirante découverte à thecamp la séance précédente et le nouveau quartier.

 

Assis en rond par groupe de huit dans un sharing circle, large écharpe élastique destinée à envelopper plusieurs personnes pour accroître leur concentration, les enfants mitonnent l’intrigue de leur choix à partir du prologue donné. Le principe : toujours repartir de ce qui a été inventé auparavant, d’où l’image des lasagnes. L’intervenante lit ce prologue aux enfants puis stimule leur imagination par des questions. Lasagne après lasagne, les enfants élaborent à l’oral le scénario qu’ils se promettent d’écrire.

 

Vers un livre numérique

Le livre étant numérique, il lui faudra des images, des sons, pourquoi pas des vidéos, qui devront non pas répéter le texte mais venir l’enrichir. Les élèves s’amusent dès cette étape à imaginer des dialogues, des bruits, des musiques complémentaires aux mots.

Chaque classe choisit également une approche graphique pour illustrer son chapitre : dessin, collage, dessin en relief, photos retouchées, origami, modelage… la tablette permettant une large palette de procédés.

À l’issue de la séance, les visuels des trois personnages sont esquissés. Les lieux sont décrits, la trame posée, les liens entre personnages d’un même chapitre mais aussi entre personnages de différents chapitres sont établis.

Il ne reste plus qu’à dessiner les deux territoires dans lesquels l’ensemble des chapitres d’un livre prendront place. Au fil des interventions en classe, les cartes s’étoffent : au sein d’un territoire, chaque classe trace les frontières de son quartier. Plus tard, il faudra aussi le décorer et le baptiser...

Le territoire vu par les élèves de Lucie Aubrac à Gardanne (Fontana)

Un élève de Parc Kalliste 2 trace son quartier Parc Saint Martin

La Fuvière (La Rouvière) s'installe près du Lac Aquafloral

Les Rascasses (Roucas Blanc) tracent leur quartier Rascaras

 

À suivre…

 

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